Tokyo Rivière
Kurosawa Kiyoshi nous avait plutot habitué à des films frisant avec le fantastique et l'horreur. Son registre est plutôt varié dont l'immense Jellyfish qui mariait avec bonheur le destin de jeunes marginaux à des images surréalistes. Pour Tokyo Sonata on revient en plein dans le réel voir le social.


Ryuhei Sasaki dont le poste est remis en question au sein de l'entreprise quitte celle ci pour aller pointer au chômage. Il feint de partir au travail tous les matins, costume et attaché case, et revenir le soir comme si de rien n'était. Pas très difficile vu la qualité du dialogue familial ou les paroles échangées lors de repas se limitent au sel et au poivre (version japonaise). Ensuite les 2 garçons filent dans leur chambre, les parents devant la télé.

Un beau jour le plus jeune fils évoque son intérêt pour le piano, immédiatement rejeté par le père pour la simple raison que c'est lui le chef et que sa parole doit être respectée. La vie continue, faux semblant du coté du père, le fils utilise l'argent de la cantine pour prendre des cours de piano, seule la mère essaye de faire survivre un semblant d'humanité par sa douceur.
Cependant l'illusion du normal va finir par se déchirer, les personnages sombrer chacun de leur coté,une rupture où chacun semble courir à sa perte.

C'est à ce moment que l'on aurait pu trouver une de ces métaphores fantastiques où Kurosawa excelle à décrire l'irrationalité humaine. On y est presque mais tout reste trop normal. On se dirige vers une fin tout aussi normale ce qui est tout de même une déception pour un auteur qui ose partir dans des univers irréels pour mieux s'exprimer.

Cela reste un bon film par le jeu des acteurs, le scénario intéressant mais tout cela reste trop concret ou pas assez ambitieux pour en faire un chef d'oeuvre ou une oeuvre remarquable.