Envie de calme et de beauté, j'ai ressorti de mon carton immatériel ce film de K.Shindo.
Excellent dans l'art du cinéma noir et blanc avec entre autre onibaba à l'esthétisme parfait ou à l'étonnant Yabuno naka kuroneko (Le chat noir dans les broussailles), l'ile nue promettait un oeuvre esthétique du maitre sur fond de mer et de soleil.

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Tout d'abord, le film est quasiment muet, laissant encore plus de place à l'image décrivant la vie d'une famille japonaise vivant sur un ilot rocheux à quelque distances de la cote. Un autre détail, il n'y a pas d'eau sur cette ile, obligeant les parents à faire de nombreux voyages avec une petite embarcation. De longues scènes décrivent les gestes quotidiens de ce couple dans la mer intérieure nippone. Un accent très fort est mis sur la dureté des taches quotidiennes, ça sent la sueur et l'air marin sous le soleil impitoyable de l'été japonais.

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Cependant tout n'est pas sombre (d'ailleurs la lumière y est même intense), sous ces lourdes taches quotidiennes, cette famille trouve quand même la joie et le bonheur de bref instants quotidiens lors des repas bien mérités ou bien avec le rire des enfants jouant au bord de l'eau.
Les jours vont se répéter inlassablement, jusqu'à un événement tragique.
Très certainement inspiré par des thèmes politiques à l'époque (1960) ou le monde était avide de nouveaux idéaux et de libération des peuples, Kaneto nous compte une fable sur la dure vie des petits et sur le début de l'ère moderne.
k3.JPG Malgré un scénario plus que succin le film se laisse regarder avec plaisir pour le beauté de ses images, le charme de la nature et de la vie japonaise en n'oubliant pas le talent du réalisateur.

Une œuvre belle et humaniste qui touchera le spectateur sans vraiment le bouleverser. C'est peut-être du à l'aspect trop esthétisant du film sur un thème finalement assez lourd. Un équilibre difficile.