Difficile de revenir de Out ou surtout Disparition intact.
Ces gros pavés m'ont emmené bien profond dans ces vies tourmentées d'adultes avec déjà ce qu'ils croyaient une vie bien installée.
Avec Real World Kirino les personnages sont des adolescents, pour qui la découverte du monde n'en est qu'à ses débuts. 
Pourtant on ne peut pas dire que l'espoir de ces jeunes pour leur avenir semblent les motiver outre mesure.
le style est plus léger car écrit comme une suite de  monologues des différents protagonistes, à mi chemin entre un road movie et un journal intime.


Real World
L'histoire conte la vie de 4 adolescentes bien différentes mais pourtant qui forment un petit groupe qui semble solide.
Un jour un fait divers va changer leurs vies, casser la routine école/famille/amies, un gros bruit, une fuite, un vol de téléphone et c'est tout l'équilibre de ces quatre vies qui va basculer. Il faut dire que ce bruit n'est autre que le voisin d'une des 4 filles qui vient de tuer sa propre mère, un pétage de plomb, un trop plein de tout, un coup de bate de baseball.
Ce voisin, le lombric comme l'appelle Toshiko, va fuir à vélo et contacter les filles avec ce téléphone volé, elles vont toutes s'intéresser à cet individu pourtant pas particulièrement héroïque ou brillant mais qui, lui, se retrouve devant un fait vrai, sans retour, la vraie vie peut-être.
Les 4 amies vont suivre, de près ou de loin, le chemin du tueur en herbe, chacune à leur tour vont parler de leur univers qui décris une réalité pas trop fun de la vie japonaise, au point de se jeter sur les traces d'un ado psychopathe.
Le ton est assez léger et désinvolte, un ton que l'on retrouve bien dans les films japonais où le personnage semble mené par sa vie, coulant toujours vers un destin qu'il redoute mais en même temps attend les bras ouverts.
Les bras ouverts sur sa propre vérité qui se révélera bien souvent tragique.


Bien évidement Kirino ne fait pas dans l'eau de rose et on coure vers le tragique mais sur un ton plutot sympathique jusqu'au dénouement du livre qui montre cruement le désespoir profond que peut faire naître le système social japonais.
Un désespoir est un bien grand mot pour ces japonais où juste quelque complaintes auront des conséquences "réelles".

5 nin
A noter, l'execrable traduction de l'anglais, une bonne traduction ou bien même le lire en japonais aurait certainement permis d'apprécier ce livre à sa juste valeur.