Aller au contenuAller au menu

Ici et pas Ailleurs

Blog notes sur le cinéma et la littérature japonaise.

kitsutsuki to ame - キツツキと雨 (non traduit)


Dans un village de la campagne japonaise, Katsuhiko bûcheron de son état s'apprete à couper un bel arbre dans un belle foret quand un drole de personnage lui demande d'arreter le temps de ... tourner une scene de cinema.
Katsuhiko est loin de connaitre ce genre de chose et reste interloqué (vu sa loquacité de toute façon ça ne se remarque pas !).
Petit à petit la troupe de cinéma fera irruption dans sa vie jusqu'à l'embaucher pour faire de la figuration dans ce film de série Z pour y jouer un zombi.
De plus le réalisateur est assez cocasse et l'arrivée de cette troupe provoquera une petit bouleversement dans ces paisibles montagnes.
C'est surtout la vie de Katsuhiro qui va être changé par cette découverte et une amitié va se créer entre ces 2 personnages si opposé.
pic1.jpg
Le scénario qui est très classique (la routine changée par une rencontre) est traité à la fois de sérieuse et loufoque.
Il réserve des surprises qui permettent de ne pas se cantonner à un "drama" sur l'amité ou le rapport entre les générations.
De plus on y voit pas mal de scène de "prise de scènes" de cinéma ce qui est plutôt sympa.

Le film n'existe pas en francais

Himizu - Sono Gion - (ヒミズ)

ukiie.png
Cela faisait bien longtemps que je n'avais vu de film de Sono (et ecrit sur ce blog).
Au début de chacun de ses films on se demande à quelle sauce on va être mangé tant son style peut être cru ou surprenant, déjanté ou classique, n'ayant que peu lu de critique sur ce film, je me le suis bien "pris".
Tout commence dans les ruines du tsunami qui a engendré la catastrophe de fukushima, des ruines et des ruines et encore des ruines.

bang1.png

Ces ruines sont aussi l'état psychologique de Sumida (14 ans) qui entre une mère perdue et un père à moitié sadique à pas eu beaucoup de chance dans la vie.
Cette vie il la passe au bord d'un étang dans une maisonnette avec quelques compagnons de sa famille qui sont plutôt sympa et attachants.
Malheureusement le père n'apporte que des malheurs.
Une jeune fille au destin pas vraiment meilleurs (ses parents lui offrent une potence ...) va chercher à se lier à lui.
Entre errance et espoir, violence et pureté des sentiments, on est bringuebalé avec ces personnages aussi détruit qu'après un passage du tsunami. L'histoire a quelques bifurcations inattendues et bienvenue, la prise de vue est vraiment bonne et l'émotion présente.
L'équipe qui entoure Sumida ou les aventures improbables des personnages ajoute un petit coté comédie qui donne un peu d'air.





Le film reste toutefois parfois excessif, vraiment excessif, à en manquer de crédibilité pour un film plutôt réaliste.
L'origine du film est une BD qui explique probablement cela.


C'est un peu ce point qui m'a géné, où on était dans la fantaisie, symbolique et l'onirisme dans ses films précédent, on ne sait pas trop que penser de celui là, trop réaliste mais tout de même excessif.
Les acteurs sont vraiment bon (et une bonne brochette de célébrité du cinéma nippon) et la fin plutôt surprenante (mais pas trop quand même), un brin d'espoir dans ce monde de brute ?
kao.png

Postman Blues - SABU (ポストマンブルズ)

Les films de Sabu sont souvent une surprise, un étonnement, une découverte.
Postman Blues est à la fois un policier, un drame, une réflexion sociale et politique le tout sur le ton de la comédie.

tenjo-hikui.jpg
Sawaki, postier de son état, retrouve un ancien camarade de classe, devenu Yakuza, qui vient juste de s'amputer le petit doigt.
Il partira de cette entrevue avec en plus d'un petit doigt et d'un colis mystérieux et une grosse déprime qui lui fera faire l'inimaginable, une faute professionnelle.
En effet, il lit le courrier qu'il est censé distribuer et découvre une femme malade d'un cancer internée et décide de correspondre avec elle.
Cela l’amènera à sortir de son train train quotidien et découvrir d'autres personnes pas très fréquentables mais finalement sympa.
La police qui suivait son pote yakuza va pourtant commencer à faire une énorme méprise et le soupçonner de complicité.
On suit en parallèle la nouvelle vie de Sawaki et les élucubrations incroyables de la police, sûre d'elle même et de ses methode d'investigations.
La bêtise alliée au fantasme et à la force va finalement se montrer bien mauvaise, le clou de cette enquête est la venue d'un "profiler" qui avec de maigres indices va décrire Sawaki comme un tueur compulsif lubrique.

3nin.jpg
Le film est très bien monté, le ton général sympa (nombreux clins d'oeil cinématographiques Chunking express/Léon/...) malgré parfois le sérieux des sujets.
Un ton un peu dérisoire, la fin d'une génération et le début d'une autre, pleins de thèmes et d'histoire se mélangent. Une réussite et un vrai bon moment de cinéma. Le trailer est ici.

Tokyo Sonata - トウキョウソナタ


Tokyo Rivière
Kurosawa Kiyoshi nous avait plutot habitué à des films frisant avec le fantastique et l'horreur. Son registre est plutôt varié dont l'immense Jellyfish qui mariait avec bonheur le destin de jeunes marginaux à des images surréalistes. Pour Tokyo Sonata on revient en plein dans le réel voir le social.


Ryuhei Sasaki dont le poste est remis en question au sein de l'entreprise quitte celle ci pour aller pointer au chômage. Il feint de partir au travail tous les matins, costume et attaché case, et revenir le soir comme si de rien n'était. Pas très difficile vu la qualité du dialogue familial ou les paroles échangées lors de repas se limitent au sel et au poivre (version japonaise). Ensuite les 2 garçons filent dans leur chambre, les parents devant la télé.

Un beau jour le plus jeune fils évoque son intérêt pour le piano, immédiatement rejeté par le père pour la simple raison que c'est lui le chef et que sa parole doit être respectée. La vie continue, faux semblant du coté du père, le fils utilise l'argent de la cantine pour prendre des cours de piano, seule la mère essaye de faire survivre un semblant d'humanité par sa douceur.
Cependant l'illusion du normal va finir par se déchirer, les personnages sombrer chacun de leur coté,une rupture où chacun semble courir à sa perte.

C'est à ce moment que l'on aurait pu trouver une de ces métaphores fantastiques où Kurosawa excelle à décrire l'irrationalité humaine. On y est presque mais tout reste trop normal. On se dirige vers une fin tout aussi normale ce qui est tout de même une déception pour un auteur qui ose partir dans des univers irréels pour mieux s'exprimer.

Cela reste un bon film par le jeu des acteurs, le scénario intéressant mais tout cela reste trop concret ou pas assez ambitieux pour en faire un chef d'oeuvre ou une oeuvre remarquable.